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Porté à la tête du CNG, depuis jeudi passé, Bira Sène va diriger le comité de gestion pour les deux années à venir. Héritant d’une structure problématique, l’ancien président du CRG de Kaolack aura, entre autres missions, de pacifier l’espace de la lutte pour pouvoir aller vers la fédération, qui est l’objectif visé. Les attentes sont donc nombreuses. C’est d’ailleurs le prétexte, pour Leewtoo.net, de joindre les journalistes pour recueillir leurs impressions à la suite de la nomination du successeur d’Alioune Sarr. Les professionnels de l’information invitent Bira Sène et son équipe à œuvrer pour l’intérêt général de la lutte.

Iba Kane, Sunu Lamb

« C’est à Bira Sène et son équipe de trouver des solutions aux maux de la lutte »

« Ce que je peux dire du nouveau président du CNG, qui a remplacé Alioune Sarr ? Tout d’abord, je le félicite et prie pour que le choix porté sur sa personne, par le ministre Matar Ba, soit une réussite. Qu’il élève la lutte au niveau souhaité. La lutte est un milieu problématique, un milieu conflictuel, donc c’est à lui de trouver les moyens de gérer tout cela. La première chose que j’attends de Bira Sène, c’est la mise en place d’une fédération. C’est cela sa première mission. Il doit le réussir durant son mandat de deux ans. L’autre chose, c’est qu’il éteigne les foyers de tensions qui existent dans l’arène. Les lutteurs en activités n’étaient pas d’accords sur les sanctions pécuniaires, il doit revoir cela pour ne pas léser une partie. Les lutteurs doivent également comprendre que la lutte est régie par un règlement qu’ils doivent respecter. Ils doivent respecter les heures d’arrivée à l’arène, le nombre d’accompagnant permis. Celui qui enfreint ces règles doit être sanctionné sévèrement. La prolifération des associations des amateurs doit être également réglementée. L’arène nationale ne peut pas accueillir une grande affiche, Dakar ne dispose pas de stade pour la lutte : Iba Mar Diop fermé à la lutte, Assane Diouf fermé depuis des années. La tâche qui attend Bira Sène est immense, mais comme il l’a dit « elle n’est pas compliquée ». C’est à lui et son équipe de trouver des solutions aux maux de la lutte. »

Abdoulaye Dembélé, Sunu Lamb

« Trouver la meilleure façon de discipliner sans trop brandir le bâton… »

« Tout d’abord, je remercie Dr Alioune Sarr et l’ensemble de ses collaborateurs avec qui il a dirigé l’arène avec passion, engagement, amour, mais aussi avec des hauts et des bas. Nous le remercions quand même pour leurs résultats. Ne ce serait-ce que pour les acquis de leur gestion, ils méritent les honneurs de la Nation. Concernant le nouveau président, Bira Sène, je le félicite pour sa consécration. Je lui souhaite aussi de meilleurs résultats à la tête de l’instance gouvernante de la lutte. Mes attentes, qui peuvent être celles de bon nombre d’amateurs, c’est de consolider les acquis, d’apporter de grosses innovations, de beaucoup plus moraliser l’arène, d’être ouvert, consensuel, inclusif dans la démarche, d’être moins sévère dans les sanctions, mais de trouver la meilleure façon de discipliner sans trop brandir le bâton… »

Abou Ndour, Record

« Ils doivent être beaucoup plus proches du monde de la lutte »

« Je commencerai d’abord par féliciter le nouveau président et ses collaborateurs et leur souhaiter succès, dans leur nouvelle mission. Beaucoup d’entre eux ont longtemps travaillé avec Alioune Sarr. Ils ne devraient donc pas avoir des problèmes pour savoir ce qui a moins marché avec la défunte équipe et s’y baser pour s’améliorer. Ils doivent être beaucoup plus proches du monde de la lutte, chercher à développer à la fois les trois formes de lutte et travailler à trouver les moyens de leur politique. Ils doivent écouter, encore écouter, toujours écouter pour ensuite trouver des solutions aux différentes préoccupations des différentes composantes de la lutte. »

Idrissa Sané, L’Observateur

« J’attends une rupture dans la gestion du CNG »

« Je dirais ce que j’attends du bureau plutôt que de Bira Sène. Après tout ce que l’on a connu comme péripétie dans l’ancien bureau, je n’attends pas un changement de dirigeant, mais un changement du fonctionnement de l’instance. J’attends une rupture dans la gestion du CNG. Que les décisions ne viennent pas d’un groupe restreint. Qu’elles viennent du bas à la plus haute personnalité. Le bureau doit baliser le terrain pour aller vers une fédération puisque c’est cela le souhait du ministre. On attend aussi du bureau qu’il nous trouve de nouvelles formules pour redynamiser la lutte sénégalaise. La formule qui est là date de 1994. Depuis lors, y a que les promoteurs qui organisent des combats. Mais on devrait arriver à ce que le CNG organise des compétitions en dehors du tournoi du Chef de l’Etat, en dehors du tournoi de la CEDEAO. Pourquoi pas organiser un tournoi de la lutte avec frappe ? Le CNG peut aller chercher ses moyens pour organiser ses combats afin de pouvoir décerner le titre du Roi des arènes. On attend beaucoup du nouveau CNG. Ils doivent sécuriser les investissements des promoteurs, mais également lutteurs en obligeant les deux parties de respecter le contrat signé. La commission olympique doit rompre avec la vielle tradition. C’est-à-dire attendre l’approche d’un événement sportif pour pouvoir aller à Ziguinchor pour sélectionner des athlètes. La lutte olympique doit organiser des compétitions régulièrement dans le pays.

Assane Walo Gueye