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Plus jeune, Francis Ngannou voulait devenir architecte. Puis avocat, après avoir vu les tarifs des honoraires lors du divorce de ses parents. Finalement, le Camerounais est devenu combattant professionnel de MMA. Le MMA, acronyme de Mixed Martials Arts en version originale, « arts martiaux mixtes » en français, est une discipline particulière dans les sports de combat. Le MMA est un mélange de plusieurs sports de combat, qui se déroule dans une cage octogonale.

Jugé trop violent

Jugée trop violente, cette forme de combat est interdite en France. C’est dans cet environnement que s’épanouit Francis, 31 ans. Star internationale de l’UFC, l’organisation américaine reconnue comme la plus grande ligue mondiale du MMA, l’enfant de Batié, au Cameroun, s’est fait un nom très rapidement.

Ce samedi, il pourrait devenir champion du monde de la catégorie poids lourd, seulement cinq ans après ses débuts. Un parcours atypique pour lui, arrivé en France à l’âge de 26 ans sans le sou.

Une enfance difficile

Francis Ngannou est né au Cameroun, à Batié donc. « Toute mon enfance, je l’ai passée de gauche à droite, raconte-t-il à L’Équipe Explore, en avril 2017. Je n’ai jamais eu d’attaches, à chaque fois je devais passer une année scolaire dans un établissement, puis dans un autre. »

Il est doué à l’école, mais sa scolarité s’arrête cependant rapidement. Son adolescence, il la passe dans les mines de sable de Batié où il taille les pierres. « À lui seul, il remplaçait deux ou trois personnes », précise son oncle, dans le documentaire. Déjà, la morphologie du jeune homme impressionne. C’est en 2013 que le Camerounais décide de traverser la Méditerranée pour rejoindre la France.

Comme de nombreux migrants, ce dernier reste très discret sur les conditions de son périple. La raison de cette décision ? La boxe. Le Camerounais est fan de boxe anglaise et souhaite faire carrière. Il a fait ses débuts à 22 ans, à Douala (Cameroun). « Les gens disaient que j’étais fou », explique-t-il à L’Équipe. Devant ses difficultés, ce dernier décide donc de quitter le Cameroun pour progresser.

À Paris, Francis squatte les parkings pour dormir et vit dans la rue. Une situation qu’il relativise lorsqu’on l’interroge sur le sujet : « Ce n’était pas l’endroit où je préférais vivre… Mais c’était un bon départ parce que je me sentais enfin dans un lieu où j’avais l’opportunité de m’exprimer », détaille-t-il à RFI. Il est finalement recueilli par l’association humanitaire « La Chorba » dans le XIIe arrondissement. Malgré son statut de SDF, il participe à la distribution de repas en tant que bénévole. Khater Yenbou, le président de l’association, estime qu’il est « sincèrement une bonne personne, pleine de bonté ».

Bon début en MMA

Ses débuts professionnels ne se font pourtant pas en MMA, mais en pancrace, discipline très proche du MMA. Il perd son premier combat. C’est en 2014 que le Camerounais débute ses premiers combats de MMA, et en 2015 qu’il intègre l’UFC, la prestigieuse ligue américaine.

Son premier combat fait sensation. D’un uppercut foudroyant, il met KO son premier adversaire. Il est le combattant au punch le plus puissant, selon les statistiques de l’UFC. Ses combats durent rarement longtemps : son troisième combat n’a duré que 94 secondes, par exemple.

Lorsqu’il gagne, Francis Ngannou préfère d’abord prendre des nouvelles sur l’état de santé de ses adversaires, avant de donner ses premiers mots. Une attitude qui résume l’état d’esprit du champion, qui pourrait prendre une grande revanche sur la vie, en cas de victoire mondiale samedi.

Ndèye Coumba FALL avec l’équipe.fr

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